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Huit étudiants en design graphique de l'Université Laval exposés à la Biennale de Mexico

À en juger par l'actualité de cette semaine, la réponse passe de plus en plus par la scène internationale: selon l'Université Laval, huit affiches conçues par des étudiants en design graphique…

Margaux Delattre·mis à jour 18 juillet 2026

Huit étudiants en design graphique de l'Université Laval exposés à la Biennale de Mexico

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui fait qu'un projet graphique d'étudiant sort du lot? À en juger par l'actualité de cette semaine, la réponse passe de plus en plus par la scène internationale: selon l'Université Laval, huit affiches conçues par des étudiants en design graphique viennent d'être retenues pour l'exposition « L'art du jeu », présentée à Mexico jusqu'au 26 juillet 2026. Pour nous qui travaillons ou aspirons à travailler dans l'image, cette sélection est un signal intéressant à décrypter — au même titre que deux autres rendez-vous qui rythment l'été du design en France.

Le jeu comme terrain d'expérimentation formelle

« L'art du jeu » n'est pas un sujet anodin pour des graphistes en formation. En misant sur un thème aussi ouvert, les commissaires leur demandent de jouer avec les codes visuels, la typographie, la couleur, la narration. Huit affiches, donc huit propositions individuelles qui dialoguent dans un même espace — un exercice que beaucoup d'entre nous rêveraient de tenter à ce stade du parcours. La dimension internationale ajoute ce qui manque trop souvent à la formation en design: le regard d'autres cultures graphiques, d'autres attentes esthétiques, qui remet en mouvement ce que l'on croyait acquis.

L'été du design ne s'arrête pas à Mexico

Pendant que ces affiches voyagent, la France accueille elle aussi deux expositions qui méritent qu'on s'y arrête. À Paris, « Multiples — penser l'objet en série » rassemblera une quinzaine de designers aux Ateliers de Paris du 10 septembre au 3 octobre 2026, avec un design graphique signé Sophie Cure et une scénographie pensée par Lucien Icard et Kevin Lebouvier du Klaes studio, déployée comme une ligne de montage. Le propos interroge nos rapports à la production sérielle face aux enjeux écologiques — un sujet qui, même lorsqu'il est traité par le design d'objet, parle directement à la graphiste ou au graphiste: chaque visuel reproduit, chaque affiche imprimée engage elle aussi un rapport aux ressources et aux gestes.

À Arles, la Fondation Thalie propose « Tisser les imaginaires », une exposition qui fait dialoguer art et design. Sans détail confirmé à ce stade, l'intitulé suffit à signaler une intention: penser les croisements plutôt que les frontières disciplinaires, et redonner au graphisme sa part dans une conversation élargie.

Ce qu'on retient pour notre propre pratique

Trois expositions, trois manières de penser la circulation du design graphique: la formation qui s'expose à l'international, la production sérielle qui se questionne, les disciplines qui se croisent. Pour nous, la leçon tient en quelques gestes simples. Suivre les écoles dont les étudiants accèdent à ce type de vitrines — cela renseigne, en creux, sur leur exigence pédagogique. Guetter les jeunes graphistes qui signent l'identité visuelle d'expositions institutionnelles: c'est souvent là que se révèlent les voix qui compteront demain. Et accepter, comme cette actualité nous y invite, que notre confort visuel se construit aussi en regardant ce que d'autres, ailleurs ou dans d'autres disciplines, font du même langage que nous.