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L'art du dessin manuel au service de l'identité visuelle dans la restauration

La designer et illustratrice Innes Clark détaille, dans un entretien publié par Creative Boom, son parcours de reconversion vers la conception d'identités visuelles, de menus et de chartes print pour…

Maxence Prieur·mis à jour 08 septembre 2026

L'art du dessin manuel au service de l'identité visuelle dans la restauration

La designer et illustratrice Innes Clark détaille, dans un entretien publié par Creative Boom, son parcours de reconversion vers la conception d'identités visuelles, de menus et de chartes print pour des établissements culinaires londoniens. Son approche remet le dessin manuel au centre du branding gastronomique, dans un contexte où la production graphique tend à s'industrialiser. Le cas intéresse directement les studios qui cherchent à structurer une narration visuelle sans tomber dans la standardisation numérique.

Un pipeline assumé en deux temps

Clark revendique une méthode de production en deux phases. Première phase: dessin à main levée sur feuilles volantes, jamais dans un carnet — un choix qu'elle relie à une exigence perfectionniste qui bloquerait la spontanéité. Seconde phase: numérisation au scanner, puis retouche dans Photoshop par calques et modes de fusion jusqu'à obtenir l'effet recherché.

Cette séquence n'est pas anecdotique. Elle pose une question de hiérarchie visuelle: le trait reste la matrice du signe graphique, le logiciel n'intervient qu'en finition. Pour les studios, l'enjeu consiste à formaliser ce type de pipeline sans rigidifier la phase de croquis — la liberté du papier mobile empêche l'uniformisation des propositions.

Le trait comme signature de marque

Les affiches réalisées pour les mêmes clients que son activité quotidienne illustrent la fusion des deux volets de sa pratique: illustration éditoriale et design de marque. On y trouve un verre à martini esquissé en rouge et blanc accompagné d'une formule qui joue sur le double service, ou trois palmiers qui, chacun dans une typographie différente, affirment leur singularité.

L'efficacité repose sur trois paramètres mesurables. La ligne, volontairement imparfaite, conserve une charge humaine que la génération automatique ne reproduit pas. La typographie, choisie au cas par cas, casse l'homogénéité des déclinaisons. La narration, intégrée au motif, renforce la mémorabilité du support. Clark assume cette position face à l'IA: le dessin fait main conserve, selon elle, un avantage structurel.

Ce qu'un studio peut en extraire

Le parcours d'Innes Clark — burnout post-école d'art à Édimbourg, emploi en boulangerie, formation accélérée en design en parallèle — signale un point d'entrée non linéaire dans le métier, devenu courant. Pour les directrices et directeurs artistiques, trois paramètres de méthode émergent du dossier: préserver un espace de croquis sans contrainte de mise en page, isoler la phase de numérisation de la phase d'idéation, accepter l'irrégularité du trait comme un actif de marque plutôt que comme un défaut à corriger.

La conclusion reste pragmatique: dans un secteur qui confond encore standardisation et cohérence, l'identité visuelle d'un lieu de restauration gagne à s'appuyer sur une grammaire graphique où l'imperfection est codifiée, donc reproductible.