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Quand la ponctuation devient le cœur d'une identité visuelle : le cas Zandland

C'est exactement le pari qu'a fait le studio Overview pour Zandland, à l'occasion du lancement de sa nouvelle série documentaire Human, racontée par It's Nice That.

Margaux Delattre·mis à jour 30 juillet 2026

Quand la ponctuation devient le cœur d'une identité visuelle : le cas Zandland

Et si la ponctuation elle-même devenait le sujet d'une identité visuelle? C'est exactement le pari qu'a fait le studio Overview pour Zandland, à l'occasion du lancement de sa nouvelle série documentaire Human, racontée par It's Nice That. Pour nous, designers et lectrices attentives aux choix typographiques, cette direction artistique est un terrain d'exploration passionnant: comment transformer un signe d'usage courant en vecteur d'émotion et de récit?

Une grammaire typographique au service du réel

L'identité construite par Overview puise son vocabulaire dans la transcription jeffersonienne — ce système utilisé en analyse de conversation pour noter non seulement ce que disent les gens, mais comment ils le disent: pauses, hésitations, chevauchements, accents d'insistance. Comme le résume James Sedgwick Yeung, stratège chez Overview, « l'identité embrasse la texture de l'expression » plutôt que de lisser chaque récit dans une voix institutionnelle propre.

Concrètement, le studio est parti de la famille typographique Saans, dessinée par Display, qui contient déjà l'ensemble des glyphes nécessaires. Tout l'enjeu résidait dans la coloration et l'usage de ces caractères — jouer sur leur lisibilité, leur densité, parfois leur opacité volontaire — pour faire ressentir la friction que nous éprouvons face à des idées, des cultures, des personnes qui nous sont étrangères.

Un parti pris qui parle aussi à notre époque

Human s'attaque à des sujets difficiles — gangs violents, repaires de trafiquants, services secrets, villes « réservées aux Blancs » en Afrique du Sud — et parcourt les Amériques, le Brésil, Israël et la Palestine. Pour son studio britannique Zandland, il s'agit du projet le plus ambitieux à ce jour, entièrement autofinancé et produit en interne. La promesse: devenir un nouveau Vice ou un rival du journalisme de profondeur de Channel 5.

Ce qui nous touche, en tant que concepteurs, c'est cette intuition que le design peut accueillir le désordre du monde au lieu de le normaliser. Comme le note encore James Sedgwick Yeung, « le reflet le plus honnête des histoires que Human raconte ne pourra jamais être capturé par une IA, ni par une identité statique ». Une déclaration qui rappelle, à celles et ceux qui construisent des marques aujourd'hui, qu'un système graphique reste vivant tant qu'il accepte d'être traversé par des voix multiples.

Pour nos propres projets, la leçon mérite qu'on s'y arrête: observer comment un détail typographique — un point de suspension, une parenthèse, une emphase — peut porter plus de sens qu'un mot, et accepter que cette richesse-là demande parfois de renoncer à la perfection lisse.