Refonte visuelle de LSM : quand le design redéfinit l'expérience utilisateur
C'est précisément cette expérience que traverse en ce moment le public du média letton LSM, dont l'identité visuelle vient d'être entièrement repensée — une actualité que nous rapporte l'édition…
Margaux Delattre·mis à jour 30 août 2026

Vous avez probablement déjà ressenti ce léger vertige en ouvrant un site qu'on a redessiné de fond en comble: les repères ont disparu, le menu semble s'être déplacé d'un pixel, et il faut quelques secondes pour retrouver ses habitudes. C'est précisément cette expérience que traverse en ce moment le public du média letton LSM, dont l'identité visuelle vient d'être entièrement repensée — une actualité que nous rapporte l'édition anglophone de la plateforme. Pour nous, designers et attentifs à la manière dont un graphisme sert (ou freine) un parcours de lecteur, ce type de refonte est toujours un petit événement: derrière les couleurs et le logo, ce sont des gestes quotidiens qui changent.
Ce qu'on sait — et ce qu'il faudra observer
Pour l'instant, le sujet reste mince côté détails: seule l'annonce figure dans nos sources, sans description du nouveau système graphique, ni du studio en charge de la conception. Il nous faudra donc attendre la publication complète pour comprendre quelle direction a été prise. Mais ce silence temporaire est, en soi, une leçon utile. Une refonte d'identité réussie ne se mesure pas à l'effet de surprise du jour, elle se mesure à la fluidité du lendemain: combien de temps faut-il à l'œil pour réapprendre le rythme de la page, retrouver le fil des rubriques, ressentir cette cohérence qui fait qu'on n'a plus besoin d'y penser? C'est cette question que, chez upyourarts, nous aimons garder en tête quand un média change de peau.
Un autre terrain de jeu, la même obsession
Au même moment, dans le paysage du design de marque, le studio Mars Pharaoh Studio dévoile pour le New England Conservatory le système visuel de Her Way Home — un projet qui célèbre le parcours de musiciennes asiatiques et qui a obtenu un Good Design Award 2025 décerné par le Chicago Athenaeum. Là, les sources sont plus loquaces, et l'approche vaut qu'on s'y arrête: le logo s'inspire d'éléments vestimentaires traditionnels asiatiques, et l'ensemble s'organise autour du motif du « chemin », avec une directionnalité double — avancer et revenir — traduite visuellement par des structures d'accords et un peu de code créatif. Le rythme visuel se déploie ensuite sur les supports de campagne et les assets numériques, dont Instagram et TikTok, pour prolonger l'expérience au-delà de la salle de concert.
Ce qui nous touche dans ce cas, c'est précisément ce que nous cherchons toujours à éprouver: une identité qui ne reste pas plaquée sur les supports, mais qui se comporte comme un langage. Quand les variations de forme, de couleur et de mouvement suivent une logique musicale, l'œil du spectateur n'a plus à décoder, il entre dans une conversation. C'est exactement le confort que nous souhaitons à tout utilisateur d'un site, d'une marque ou d'un média — et c'est aussi la promesse que le nouveau LSM devra tenir, dès que nous en verrons les premiers écrans.
Ce qu'il reste à suivre
Pour les marques et les studios qui nous lisent, trois réflexes valent la peine d'être cultivés face à ce genre d'actualité. D'abord, observer la cohérence du système: un logo ne voyage jamais seul, il s'accompagne d'une grille, d'une typographie, d'un ton. Ensuite, vérifier la fluidité du parcours: une refonte qui ajoute de la friction, même esthétiquement brillante, n'a pas rempli son contrat. Enfin, prendre le temps: laissons quelques jours à LSM pour que les usages s'installent, avant de juger. Les meilleures identités sont celles qu'on finit par oublier — et c'est peut-être le plus beau compliment qu'un designer puisse recevoir.