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The Phoney Club : comment le studio redéfinit la création visuelle par l'IA

Selon It's Nice That, le studio néerlandais The Phoney Club, basé à Rotterdam, a lancé « The Phoney Edit », un service de direction artistique qui fusionne photographie et production générative.

Maxence Prieur·mis à jour 22 août 2026

The Phoney Club : comment le studio redéfinit la création visuelle par l'IA

La direction artistique hybride entre photographie et IA: le studio rotterdamois The Phoney Club structure un nouveau protocole de production visuelle.

Le positionnement interroge: comment un studio de branding gère-t-il la frontière entre image capturée et image synthétisée, sans sacrifier la cohérence de marque? L'initiative s'inscrit dans une volonté explicite de définir des règles internes avant que le marché ne les impose.

Des règles d'usage imposées en interne

The Phoney Club travaille avec des « jumeaux IA » sous licence: des répliques génératives de mannequins réels, intégrées dans des univers visuels entièrement construits. Le principe cardinal posé par le studio: aucun retouchage du visage, aucune altération des imperfections. Rides, ombres, marques cutanées sont conservées. Ce choix est présenté non comme une posture esthétique, mais comme un protocole éthique — une manière de maintenir la trace du modèle réel derrière l'image générée.

La campagne pour Ajen Botanical Body Care illustre cette méthode: un jumeau IA de la mannequin Soesja Leugs est placé dans des décors fictionnels — paysages plats néerlandais, mousses, bulles — tandis que le packaging produit reste photographié tel quel. Le résultat juxtapose deux régimes d'image sans les fondre artificiellement.

« The Phoney Edit »: un modèle de production décorrélé du lieu

Le service hybride permet à The Phoney Club de proposer une direction artistique de marque affranchie des contraintes de tournage (localisation, budget, météo). La photographie fournit la matière première — textures, éclairages, matière des produits —; la génération IA étend l'espace visuel sans reproduire le réel tel quel. Le studio décrit lui-même son intérêt pour le « doute perceptif »: cette demi-seconde où le regardeur hésite entre reconnaissance et artifice.

Un projet auto-initié, « The Phoneyverse », a poussé la logique plus loin: un outil interactif permettant à des collaborateurs et clients d'entrer dans trois dimensions virtuelles construites par le studio. L'objectif affiché: contrer l'appauvrissement des espaces numériques « vides et volontairement habités » par des bots et du contenu générique.

Ce qu'il faut observer

L'approche de The Phoney Club pose un cadre méthodique — règles éthiques documentées, protocole de non-retouche, séparation nette entre matière photographique et matière générée — qui tranche avec l'usage encore largement empirique de l'IA dans la production visuelle de marque. Pour les directeurs artistiques et les agences de branding, le modèle interroge: jusqu'où la direction artistique peut-elle être déléguée à un outil génératif sans perdre la signature visuelle? Et surtout, quelles règles internes faut-il formaliser avant de livrer un tel service à un client?

Le studio ne prétend pas résoudre la question de l'authenticité — il la structure en protocole. Une distinction opérationnelle à suivre.