upyourarts
Actualité

AKAA Art & Design Fair : le renouveau de la photographie africaine

Comme le rapporte l'Indianapolis Recorder, l'AKAA Art & Design Fair prépare son retour et met, pour cette nouvelle édition, la photographie africaine au centre de sa programmation.

Margaux Delattre·mis à jour 02 septembre 2026

AKAA Art & Design Fair : le renouveau de la photographie africaine

Pour nous qui travaillons chaque jour sur des identités visuelles et des langages graphiques, l'annonce mérite qu'on la lise au-delà du simple agenda: derrière la focale africaine se dessine aussi une réflexion sur la durée — celle d'un regard, d'une signature, d'un système visuel capable de s'imposer sans bruit. C'est précisément cette question de la durée qu'un cas d'étude récent de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle permet d'éclairer.

Une scène à observer de près

L'AKAA s'est construit, au fil des éditions, une réputation de salon exigeant où se croisent art contemporain et design appliqué. Cette fois, la photographie africaine servirait donc de fil rouge — un choix de programmation qui résonne avec la vitalité croissante des signatures venues du continent dans les galeries internationales comme dans les directions artistiques des grandes maisons. Détail important pour quiconque envisagerait de s'y rendre ou d'y décrocher une couverture: la communication officielle reste, à l'heure où nous écrivons, très parcellaire. Les dates, le lieu précis et la liste des exposants n'ont pas encore été confirmés dans nos sources. Avant de bloquer un budget ou un déplacement, mieux vaut donc attendre la publication du programme complet.

Ingelec: la leçon marocaine d'une identité qui dure

Pour comprendre ce qui se joue vraiment derrière un événement comme l'AKAA, prenons du recul avec un cas d'étude que l'OMPI vient de consacrer à Ingelec. Fondée à Casablanca en 1975 par la famille Sekkat, cette entreprise a démarré comme un fabricant de niche d'interrupteurs électriques en plastique, face à des marques françaises profondément implantées. Un consultant italien est intervenu sur le design initial des produits. Cinquante ans plus tard, le groupe compte plus de 1 250 salariés, cinq sites de production et une présence dans plus de 10 000 points de vente à travers le monde, sous la direction de son président-directeur général Fouad Sekkat.

Le détail qui nous intéresse, en tant que concepteurs, se cache dans la stratégie de marque. Plutôt que de courir après les volumes, Ingelec a bâti une identité patiente, articulée autour d'une promesse simple: la qualité des marques établies, à des prix accessibles aux consommateurs et aux installateurs marocains. La marque phare Tichka, lancée au milieu des années 1980 en remplacement de la gamme Atlas, représente aujourd'hui environ 70 % des ventes locales — preuve qu'un système d'identification bien construit peut traverser les décennies. Mieux: la direction considère que la valeur de son portefeuille de propriété intellectuelle dépasse celle de ses usines et de ses machines réunies. Voilà une posture qui mérite qu'on s'y arrête.

Ce que nous gardons pour nos propres projets

Alors, concrètement, que retirons-nous de ces deux actualités croisées? D'abord, qu'une identité forte ne se mesure pas à sa visibilité ponctuelle mais à sa capacité à dialoguer avec ses publics sur la longueur. Ensuite, que protéger ses choix esthétiques — signes distinctifs, design produit, vocabulaire visuel — n'est pas un détour juridique: c'est le prolongement naturel du travail de conception. Enfin, que les scènes émergentes, qu'elles soient photographiques ou industrielles, regorgent de récits visuels que nos propres projets gagneront à intégrer plutôt qu'à contourner.

Reste une question que nous nous posons souvent en atelier: et si la meilleure signature graphique n'était pas celle qui crie le plus fort, mais celle qui, comme Tichka ou comme les photographes africains qu'AKAA s'apprête à mettre en lumière, sait se faire oublier pour mieux durer? Pour aller plus loin, surveillons les annonces officielles du salon — et, pour celles et ceux qui conçoivent des marques destinées à voyager, le travail documenté par l'OMPI sur Ingelec ouvre une mine d'enseignements discrets mais précieux.