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Good Screens : comment le design numérique peut apaiser notre rapport aux écrans

C'est tout le pari du rapport Good Screens, publié par la branche Insights d'It's Nice That et disponible gratuitement en téléchargement.

Margaux Delattre·mis à jour 12 août 2026

Good Screens : comment le design numérique peut apaiser notre rapport aux écrans

Derrière l'écran, une question de design

Et si le temps d'écran ne devenait pas une maladie, mais un espace de respiration? C'est tout le pari du rapport Good Screens, publié par la branche Insights d'It's Nice That et disponible gratuitement en téléchargement. Selon ses auteurs, jamais nous n'avons autant parlé de « mauvais » temps d'écran, et jamais l'industrie n'a semblé aussi démunie face à une génération qui, paradoxalement, choisit de couper le son.

Le chiffre donne le vertige: 1 300 milliards de dollars dépensés en technologies grand public dans le monde en 2025. Et pourtant, derrière cette montagne d'argent, le rapport met en lumière un signal faible mais tenace — celui d'utilisateurs, souvent plus jeunes, qui se retirent du flux permanent. Ce ne sont plus seulement des consommateurs, ce sont des êtres fatigués de la friction quotidienne imposée par des interfaces qui demandent trop, et restituent trop peu.

Repenser la forme autant que la fonction

La force de Good Screens, c'est de poser une question simple mais dérangeante: et si la solution était d'abord graphique? Plutôt que d'empiler les fonctionnalités, le rapport propose de réfléchir à ce que devrait être un appareil apaisant. Discret, presque effacé? Ou stimulant, ludiquement expressif? Faut-il qu'il en fasse davantage, ou beaucoup moins?

Pour répondre, Insights est allé chercher celles et ceux qui dessinent déjà cette nouvelle grammaire. Le studio amstellodamois Modem figure parmi les voix expertes citées, aux côtés d'artistes et de technologues créatifs qui réimaginent la forme et la fonction des objets connectés. Le rapport accompagne ces analyses de références visuelles fraîches — prototypes, objets, interfaces — qui montrent comment une idée abstraite peut devenir un langage tangible. Parmi les projets cités, on retient notamment le travail du studio Modem et HB-AS autour du « hardware en héritage », ou encore l'objet Imago signé Kieran Feechan et Domenico Di Paolo.

Pour nous qui concevons des interfaces au quotidien, ces exemples valent surtout comme miroir. Ils rappellent qu'une interface n'est jamais neutre: chaque choix typographique, chaque animation, chaque notification construit une relation — et donc une usure.

Ce qu'il faut surveiller dans nos studios

Trois pistes se dégagent à la lecture, que nous pouvons déjà appliquer dans nos propres projets. D'abord, l'audit sensoriel: avant d'ajouter une feature, demandons-nous si elle enrichit réellement le parcours ou si elle alourdit la charge cognitive. Ensuite, la sobriété visuelle comme posture, et non comme manque: moins de stimuli superflus, plus de respiration, c'est souvent là que se joue le confort durable. Enfin, le design comme contrat moral envers l'utilisateur — accepter de concevoir pour qu'il puisse s'arrêter, et pas seulement pour qu'il reste.

It's Nice That Insights l'écrit sans détour: à l'heure où la technologie risque de nous engloutir, ce rapport est un appel à faire autrement. Pour nos studios, c'est aussi une invitation à redéfinir ce que signifie vraiment « une bonne expérience » — et à oser, parfois, le silence graphique.