L'artisanat et le toucher : les nouvelles tendances du packaging beauté
C'est précisément le climat qu'a rapporté le média Cosmetics Business à l'issue du London Packaging Week, tenu les 16 et 17 septembre — un événement où, comme le souligne la rédaction, les thèmes de…
Margaux Delattre·mis à jour 22 septembre 2026

Imaginez: vous pénétrez dans un salon professionnel où, au lieu de n'entendre parler que d'intelligence artificielle générative, ce sont les mots « savoir-faire », « matière » et « transmission » qui reviennent dans chaque conversation. C'est précisément le climat qu'a rapporté le média Cosmetics Business à l'issue du London Packaging Week, tenu les 16 et 17 septembre — un événement où, comme le souligne la rédaction, les thèmes de l'artisanat et du toucher ont résonné avec une force particulière, dans un contexte où les avertissements sur les dangers de l'IA se sont multipliés, du roi Charles III aux grands dirigeants de la tech.
Le papier comme manifeste
Sur le stand du papetier britannique James Cropper — qui fête ses 181 ans et fut le premier fabricant à se consacrer exclusivement au papier coloré —, les visiteurs ont découvert en avant-première la bande-annonce du documentaire The Last Mill Standing. Le film raconte comment des générations de savoir-faire spécialisé transforment encore la fibre en papier pour des marques de beauté aussi emblématiques que Lancôme ou Lush. Mais le propos ne se limite pas à la célébration: le documentaire aborde frontalement les défis qui pèsent sur la fabrication britannique — hausse des coûts, concurrence mondiale, évolution de la demande.
Pour nous qui concevons des interfaces et des identités, ce geste rappelle une évidence: un emballage n'est jamais un simple contenant. C'est un objet de design qui se regarde, se touche, se ressent — et qui, à ce titre, mérite la même attention qu'une page d'accueil bien pensée.
Ce que cette tendance change pour notre pratique
Pourquoi ce retour au tactile nous parle-t-il autant aujourd'hui? Parce qu'il vient équilibrer une conversation trop longtemps dominée par le pixel et l'écran. À l'heure où l'IA générative produit des visuels en quelques secondes, le temps long de la matière redevient, pour les marques, un argument différenciant.
Pour les studios qui accompagnent les maisons de beauté, cela ouvre une question concrète: comment penser le packaging comme une expérience sensorielle complète, et non plus comme un simple support de logo? La texture d'un papier, la profondeur d'un embossage, la chaleur d'une dorure à chaud sont autant de micro-détails qui transforment une prise en main en moment de connexion — un peu comme, dans une interface, un effet de transition bien dosé peut transformer un parcours en expérience mémorable.
Les autres signaux du secteur vont dans le même sens, si l'on en juge par les titres publiés cette semaine: Beauty Without Compromise: Advancing Sustainable Packaging chez Beauty Packaging, 10 Practical Strategies to Reduce Packaging Waste relayé par Carroll County Mirror-Democrat, ou encore l'approche holistique du design packaging évoquée par ALPLA dans Resource Recycling. Quatre angles, une même direction: l'emballage de demain ne se contente plus de promettre, il doit prouver — par sa matière et par son geste.
Un terrain d'expérimentation passionnant, à condition de ne jamais confondre artisanat et nostalgie. La main de l'homme n'a de valeur que lorsqu'elle dialogue avec une intention de design claire.