L'identité visuelle de la série G de JETOUR signée par le studio Pentagram
Le studio Pentagram lève le voile sur le système d'identité visuelle qu'il a conçu pour la série G de JETOUR, mené par la cofondatrice Paula Scher.
Maxence Prieur·mis à jour 13 août 2026

Il s'agit, selon le communiqué publié par le studio, de sa première immersion approfondie dans la construction d'un système identitaire complet pour une marque automobile — un signal à observer pour quiconque suit les méthodologies d'exportation du design graphique occidental vers les constructeurs chinois haut de gamme.
Un langage visuel calqué sur la carrosserie
Le concept central, nommé « Ridge of Steel » (Crête d'acier), transpose les lignes continues des crêtes himalayennes en graphique vectoriel. L'opération est limpide: la morphologie extérieure du G700 — arêtes tranchantes, volumes sculpturaux — devient matrice symbolique. Pentagram ne reproduit pas un paysage; il convertit des qualités abstraites (force, résilience, exploration) en système de signes immédiatement associables au véhicule.
Pour la discipline typographique, ce choix impose une contrainte précise: le langage graphique doit rester lisible à toutes les échelles — du badge métallique à la signalétique de concession, du gabarit Instagram à la campagne print. C'est précisément là que la majorité des systèmes automobiles échouent: un logo qui fonctionne en plan serré s'effondre en favicon. Le Ridge of Steel, par sa structure linéaire continue, semble conçu pour tenir aux deux extrémités du spectre.
Une typographie sur-mesure comme pièce maîtresse
Au-delà du symbole, Pentagram a livré un système typographique dédié — fait rare dans l'industrie automobile, où l'on recycle généralement une fonte existante. Selon le cas publié, le caractère s'inspire d'éléments mécaniques du G700: volant, structure de caisse. L'intention est claire: injecter le caractère du produit dans l'alphabet lui-même, plutôt que de plaquer une police neutre sur une carrosserie chargée.
Le logo de la série G accompagne ce caractère pour former, d'après les termes de Pentagram, un « design system unifié » — formulation qui mérite d'être notée. Un système suppose une grilles, des règles d'usage, des déclinaisons contrôlées. Sur le papier, l'architecture semble cohérente.
Ce qu'il reste à vérifier
L'étude publiée reste un communiqué promotionnel; le rendu réel — déploiement dans les points de vente, cohérence d'application sur les flottes de communication, performance en signalétique physique — n'est pas encore documenté. Pour les marques occidentales observant cette méthodologie d'exportation, le prochain indicateur utile sera la déclinaison effective du système sur des supports non promotionnels: manuels utilisateurs, interfaces embarquées, habillage de concession.