Paris Design Week : l'exposition Multiples interroge la production en série
Comme le rapporte jds.fr, la galerie des Ateliers de Paris accueille pendant la Paris Design Week l'exposition « Multiples, penser l'objet en série » — un rendez-vous qui réunit une quinzaine de…
Margaux Delattre·mis à jour 08 août 2026

Comme le rapporte jds.fr, la galerie des Ateliers de Paris accueille pendant la Paris Design Week l'exposition « Multiples, penser l'objet en série » — un rendez-vous qui réunit une quinzaine de designers autour d'une interrogation qui nous concerne tous, créateurs comme utilisateurs: comment repenser la production d'objets à l'ère des incertitudes écologiques, économiques et sociales? L'événement, porté par la curation de Lucien Icard et Kevin Lebouvier (Klaes Studio), avec un design graphique signé Sophie Cure, fait de cette question le cœur battant de toute la scénographie.
Quand la série devient matière à réflexion
Le point de départ est familier pour quiconque observe les objets qui peuplent notre quotidien. Née dans le sillage de la révolution industrielle, la fabrication en série nous a longtemps apporté cette promesse rassurante d'une production standardisée et économique. Mais voilà que cette promesse se heurte aujourd'hui à des enjeux que nous ne pouvons plus esquiver: comment produire sans épuiser les ressources, sans accumuler à l'excès, sans uniformiser les gestes?
L'exposition, comme la résume jds.fr, donne place à des designers qui cherchent précisément à renouer un dialogue plus attentif avec les milieux, les gestes et les ressources. Détournement de savoir-faire, conversations avec les maisons d'édition, domestication de procédés industriels, autoproduction, série différenciée: les projets présentés dessinent, dans le langage même du commissaire, de nouveaux modèles pour penser la multiplication des objets.
Autrement dit, nous assistons à une remise en question collective de ce que « produire en série » signifie vraiment.
Une scénographie qui prolonge le propos
Ce qui retient particulièrement notre œil de designer, c'est la cohérence entre le fond et la forme. En reprenant les codes de l'espace de travail et de la production en série, la scénographie se déploie à travers toute la galerie sous la forme d'une ligne de montage. Les œuvres dialoguent avec des éléments de production présentés aux murs, prolongés par des rideaux à lanières qui prolongent l'imaginaire industriel.
Le design graphique de l'événement, confié à Sophie Cure, s'inscrit dans cette même logique: faire de chaque élément visuel — cartels, supports, identité — un prolongement du questionnement, plutôt qu'un simple habillage. Le contenant raconte déjà le contenu, et c'est une leçon que nous, concepteurs d'identités visuelles, avons tout intérêt à observer de près.
Ce que nous retiendrons pour notre pratique
Pour nous qui travaillons l'image et la marque au quotidien, ce type d'exposition agit comme un miroir discret. Sommes-nous, à notre échelle, en train de reproduire des schémas qui mériteraient d'être différenciés? Pouvons-nous imaginer des systèmes graphiques qui, tout en conservant leur cohérence, intègrent davantage de variations, de contexte, de singularité?
L'exposition « Multiples » ne prétend pas trancher — et c'est précisément ce qui fait sa richesse. Elle nous invite à ralentir, à observer les gestes qui se cachent derrière chaque objet, et peut-être à réintroduire un peu de friction dans nos processus pour mieux en savourer la fluidité. Une raison suffisante pour aller y faire un tour, le temps d'une visite, pendant la Paris Design Week.