Pepsi réinvente l'affichage urbain avec des panneaux en forme de bouteille
D'après La Réclame, Pepsi repense ses panneaux d'affichage pour en épouser les contours de sa bouteille.
Maxence Prieur·mis à jour 05 août 2026

Le format outdoor, traditionnellement rectangulaire et dicté par des rapports d'aspect standardisés, cède ici la place à une silhouette de contenant. Pour tout praticien de l'identité visuelle, l'opération mérite d'être disséquée plutôt qu'applaudie.
Un cadre qui sort du rectangle
Le panneau publicitaire obéit à des rapports d'aspect standardisés, déterminés par l'implantation urbaine, la distance de lecture et les contraintes d'impression grand format. Substituer à ce cadre une découpe inspirée de la bouteille impose une redéfinition complète de la zone utile. La marque ne dispose plus d'un champ rectangulaire pour aligner son logotype, son baseline et ses éléments d'accroche: chaque composant doit trouver sa place dans une géométrie courbe, où les angles morts se multiplient et où l'espace négatif devient une variable de composition à part entière.
Le logo, ancré dans une grille carrée ou circulaire, perd ses repères d'alignement habituels. Les designers devront arbitrer entre fidélité à la forme-silhouette et respect strict de la grille de marque — un dilemme classique en design d'environnement, où la cohérence du système pèse souvent plus lourd que l'effet de surprise.
Hiérarchie typographique sous contrainte
La typographie absorbe l'essentiel du coût de cette opération. Sur un format convexe et asymétrique, la lisibilité du baseline et des mentions obligatoires se dégrade dès que l'angle de lecture varie. Le crénage, la graisse et l'interlignage doivent être recalculés pour maintenir une densité de lecture acceptable sur les portions les plus étroites du panneau. Un ratio de x-height trop généreux risque de saturer les zones de pincement.
En clair: la bouteille dessine le contenant physique, mais c'est encore la typographie qui porte la charge du message. Le piège, bien documenté en signalétique, consiste à sacrifier la transmission claire de l'offre au profit de l'effet de forme — une erreur fréquente dans les refontes menées par le contenant plutôt que par le contenu.
Ce qu'il reste à observer
Sans visuel diffusé ni détail d'exécution dans la source relayée, l'évaluation réelle de la refonte reste suspendue: traitement de la palette, contraste des codes couleurs sur fond découpé, cohérence avec les précédents guidelines de la marque, gestion des aplats et des contours sur supports rétroéclairés. Pour les studios travaillant sur de l'identité packaging ou outdoor, le signal mérite d'être suivi: campagne événementielle isolée, test régional, ou repositionnement structurel de la signalétique Pepsi sur l'ensemble de ses marchés? La réponse conditionnera la place de ce cas dans les moodboards clients des prochains mois.