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Bourse Fanzine : 20 projets lauréats récompensés par La Base de la BD et l'ADAGP

D'après ligneclaire.info, la cinquième édition de la Bourse Fanzine — portée par La Base de la BD avec l'ADAGP — a distingué vingt projets.

Maxence Prieur·mis à jour 09 août 2026

Bourse Fanzine : 20 projets lauréats récompensés par La Base de la BD et l'ADAGP

Bourse Fanzine 2026: vingt lauréats, un état des lieux du médium

Créée en 2022, la bourse soutient la création de projets portant l'expérimentation et la liberté propres au fanzine, médium alternatif dans la diffusion des arts visuels. Pour la communauté du design graphique et de l'identité visuelle, l'annonce fonctionne comme un instantané des pratiques éditoriales indépendantes et mérite une lecture technique plutôt qu'un simple survol.

Un jury resserré, un spectre technique délibéré

Le jury rassemble trois profils complémentaires: Marie Pierre Brunel (artiste), Anaïs FA (journaliste au Quotidien de l'art) et Maël Czornyj Rannou (directeur de la bibliothèque Alexis de Tocqueville et chercheur). La composition privilégie la lecture curatoriale sur le repérage commercial. Côté projets, la sélection balaie explicitement sérigraphie, linogravure, photographie argentique, papier découpé, dessin, typographie, design graphique, reliure contemporaine, image numérique et textile — autant d'environnements où la lettre, le rythme de page et la grille modulaire restent des variables actives. Plusieurs titres provisoires (« Un monde en carton », « Silhouettes ») signalent des chantiers encore en construction, à observer avant de juger.

Trois signaux pour les praticiens du graphisme

Premier signal: la sérigraphie (Maycec, M+S+N) et la linogravure (Joseph Guilmoto) confirment que la matrice reproductible reste un terrain de recherche — une logique directement transposable à la construction d'identité visuelle par répétition contrôlée. La collective M+S+N (Mona Glassfield, Safia Boulmenadjel, Nastassia Kotava) pousse d'ailleurs l'expérience jusqu'à la céramique, brouillant la limite entre édition et objet.

Deuxième signal: la photographie argentique et le scan (Marie Bonnin — Schaufenster) ramènent le grain et l'artefact au centre du projet, en phase avec la tendance actuelle aux rendus « imparfaits maîtrisés » en branding. Anko Treize et Hans Zeeldieb ajoutent à cette logique la sérigraphie, ce qui produit un dialogue étroit entre prise de vue et surface d'impression — une articulation que les studios gagneront à surveiller.

Troisième signal: la place explicite faite à la typographie — via Estelle Coppolani et boté des îles (Lisa Derocle Ho-Léong) pour le projet Zom pi lo zom — confirme que le caractère typographique demeure un objet d'étude, pas un acquis. La lauréate Sophia Jolard (L'Émoi, design) renforce ce signal en plaçant le design comme médium principal et non comme simple habillage d'un contenu.

Point de vigilance

Pour un studio ou un designer indépendant, la Bourse Fanzine reste d'abord un indicateur sectoriel. Les dotations et les modalités de diffusion des projets lauréats ne sont pas détaillées dans la communication publique; avant d'y voir une manne, mieux vaut la traiter comme un thermomètre des pratiques éditoriales libres. La prochaine étape utile: suivre la publication effective des projets et vérifier si les lauréats exposent ou diffusent leur travail. C'est à cette condition que la cohérence entre l'intention expérimentale et la réception du public pourra réellement être évaluée — et que la profession pourra décider s'il s'agit d'un signal durable ou d'un effet de sélection isolé.