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L'avenir du design imprimé : retour sur l'événement collaboratif de l'Université Massey

L'Université Massey de Wellington a consacré trois jours à l'avenir du média imprimé, selon un communiqué relayé par l'établissement néo-zélandais.

Maxence Prieur·mis à jour 23 septembre 2026

L'avenir du design imprimé : retour sur l'événement collaboratif de l'Université Massey

L'événement « The Future of Print », monté en partenariat avec l'ambassade d'Allemagne, a réuni près de 200 participants — personnels, étudiants, professionnels de la typographie et public — autour d'un programme mêlant ateliers textiles, cours de letterpress Māori, réalisation de zines et table ronde. Pour un lectorat spécialisé en identité graphique, l'initiative mérite attention: elle articule une réflexion structurée sur la matérialité du print dans un environnement saturé d'écrans et d'intelligences artificielles génératives.

Une pédagogie stratifiée

Le programme, piloté par le Toi Rauwhārangi College of Creative Arts avec le Toi Whakaata Māori Print Collective et l'ambassade d'Allemagne, fonctionne par strates complémentaires plutôt que par démonstration magistrale. Le premier jour installe les fondamentaux techniques: Sonya Withers et Lisa Munnelly (textile design) encadrent un atelier d'impression et de coloration sur tissu à partir de productions étudiantes récentes, pendant que Vanessa Edwards Buerger, imprimeuse Māori, initie au letterpress. Le protocole retenu mérite d'être noté — les étudiants ont imprimé des mots du te reo Māori en mobilisant les principes du kowhaiwhai pour générer des motifs opaques. Selon Edwards Buerger, l'exercice n'a fait qu'effleurer la question de ce que le langage peut devenir, « puissant ou insignifiant selon qui décide qu'il vaut la peine d'être lu et reproduit ».

Le deuxième jour combine production libre et prospective: Bryce Galloway (School of Fine Arts) conduit un atelier de zine sans cadre formel, suivi d'une prise de parole de Kristina Jonek, ambassadrice désignée d'Allemagne, puis d'une table ronde modérée par Kerry Ann Lee. Le troisième jour referme la boucle avec un second cours de letterpress, prolongeant l'expérimentation manuelle.

Le print comme infrastructure de confiance

Plusieurs interventions convergent vers une même grille de lecture, stratégique pour le design graphique contemporain: la fiabilité du média imprimé dans un régime de désinformation numérique. Johnson Witehira, directeur de la Te Rewa o Puanga School of Music and Screen Arts et membre du panel, résume le consensus dégagé lors des discussions — en période d'IA et de désinformation, le livre imprimé demeure, selon ses termes, « l'une des choses en lesquelles nous pouvons avoir confiance ». Matthijs Siljee, coordinateur de l'événement, insiste sur la diversité des participants et la circulation de savoirs autochtones, signalant que l'institution prend au sérieux l'ancrage épistémique du print, au-delà de son seul rendement pédagogique.

À noter: la présence d'Indra Kupferschmid, invitée depuis l'Europe grâce au soutien de l'ambassade d'Allemagne, pour des conférences à la Ngā Pae Māhutonga School of Design. Le déplacement confirme une stratégie de coopération internationale sur la typographie et le letterpress — disciplines où l'Allemagne maintient un corpus d'enseignement structuré, utile à tout studio francophone travaillant sur des identités bilingues.

Points à surveiller

Trois indicateurs pour la suite: la publication des recherches d'Edwards Buerger sur les motifs kowhaiwhai appliqués au letterpress, susceptibles de fournir un référentiel visuel exploitable; le calendrier complet des conférences de Kupferschmid à Massey, dont les travaux sur la typographie germanique irrigueront probablement la production éditoriale néo-zélandaise; enfin, la manière dont le programme intégrera — ou non — les outils génératifs dans ses prochains cycles, question que la table ronde a semblé effleurer sans trancher. Georgie Manning, assistante technique ayant coordonné l'événement, conclut sans détour: « les participants démontrent que la culture du faire et du partage reste vivante » — un signal positif, mais qui demande confirmation sur la durée.